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E c h a n t é e
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Une galerie textuelle , oui encore une !

Comment fonctionne cette galerie ?

Eh bien , des thèmes divisés en sujets seront postés régulièrement. Si l'un de ces sujets vous inspirent il vous suffit de m'envoyer vos écris sur la messagerie du blog ( ) .Les thèmes ne sont jamais clôturés ! Si l'envie vous prend d'écrire sur l'un des sujets du premier thème, aucuns problème, il suffit simplement de bien préciser dans le message sur quel sujet de quel thème vous écrivez. Tous les textes seront publiés. Je ne retouche aucuns de vos textes, ils vous appartiennent. Je corrigerai seulement les fautes d'orthographe, s'il y en a évidemment.
Lorsque vous m'enverrez vos textes, le titre du message devra être : " Jouissance-étrange " . Le nom du blog donc.
Vous devrez aussi rédiger un paragraphe sur vous, ( nom/pseudo, âge, ce pourquoi vous écrivez, votre/vos blogs si vous en avez et aussi un titre à votre texte ) , tout ceci est facultatif si vous préférez garder l'anonymat. Vous devrez aussi indiquez le thème et le sujet. Si vous souhaitez une photo particulière, n'oubliez pas de me donner aussi son adresse.

Je donnerai un avis à chacun de vos textes.



Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas.





Ambre

# Posté le lundi 24 août 2009 04:02

Modifié le mardi 03 novembre 2009 20:13

Partenariat

Jouissance étrange en partenariat avec : ( Si vous aussi souhaitez être en partenariat avec cette galerie, n'hésitez pas à demander ) .

L-ivresse-des-mots | Frenesie-litteraire | Words-obsession | Neverland-stories | Our-failure | Written-to-exist | Nos-maux-doux | Ecrire-est-vivre | Yeah-Away | Erwan-Galerie | InutilementxLitteraire |

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 05:49

Modifié le samedi 05 décembre 2009 04:07

" Hâte toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie." Sénèque.

e thème n°1


Sujet 1 :

Racontez la journée ordinaire d'un raté.



Sujet 2 :

" C'était de l'amitié mais comme en mieux, de l'amour en plus profond " , insérer cette phrase dans votre texte.



Sujet 3 :
Vous êtes un(e) psychopathe ...


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" Hâte toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie." Sénèque.

# Posté le lundi 24 août 2009 07:49

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 09:00

Ҩ Thème 1, Sujet 2 : " C'était de l'amitié mais comme en mieux, de l'amour en plus profond " , insérer cette phrase dans votre texte.

 Ҩ Thème 1, Sujet 2 : " C'était de l'amitié mais comme en mieux, de l'amour en plus profond " , insérer cette phrase dans votre texte.
L'auteur : Je m'appelle Jennifer, je vais bientôt avoir 19 ans. Je suis étudiante et comme le dis mon entourage, je suis née dans un livre. J'ai toujours eu un grand respect pour eux, j'ai toujours aimé me plonger dans leurs histoires. Et j'ai toujours beaucoup écrit. Des poèmes, des petites "poussières d'histoires". J'écris quand je suis en colère, quand j'ai envie de pleurer ou de tout envoyer en l'air. Et quand j'ai le coeur chaud aussi. Tout ce que j'écris, ce sont mes sentiments du moment qui me le dictent. A moi de poser mes mots ( et de les peser aussi ^^), ce qui est parfois compliqué...
J'écris parce que ça me fait du bien et parce que j'aimerais mettre du soleil dans le coeur des gens, leur faire ressentir toute l'émotion qu'un texte peut dégager, comme moi-même je le sens quand je lis un livre.
Et puis s'évader un peu fait du bien, se plonger dans autre chose, ça nous fait rêver, voir le monde différemment aussi, parfois.
En ce qui concerne mon blog, Autumn-neverland × est mon blog personnel et Whenever-you-need-me . × est le blog où je poste mes textes. Et pour finir en beauté, mon écrivain préféré est Marc Levy. Quelqu'un qui sait raconter et faire vivre des histoires insensées avec des mots simples. Et ses romans sont vraiment magnifiques.
Enfin, j'ajouterais que je dédie ce texte à la personne que j'aime le plus au monde...


₪ ₪ ₪ ₪

C'était de l'amitié, disait-on. Mais tout le monde savait sans l'accepter, qu'entre eux deux c'était bien plus profond que cela. Lui, toujours à faire l'idiot, prêt à rendre service aux autres et à protèger ceux qu'il aimait, coûte que coûte. Bien que parfois ronchon, jamais il n'exposait ses blessures. Il fallait toujours montrer qu'il était plus fort que ses émotions, même devant elle. Elle... Toujours une part de douleur enfouie au fond de son coeur, bien cachée derrière un bouclier de bonne humeur simulée pour ne pas montrer ses faiblesses. C'était leur quotidien, jusqu'au jour où leurs chemins s'étaient croisés.

Tout en se ressemblant, ils étaient deux exacts opposés. Lui, la force qui dissimulait ses faiblesses; elle, une fragilité qui étouffait sa force. La rancune qui cache l'amour de peur de ne pas savoir le gèrer, la colère qui constitue un bouclier impénétrable pour ne pas perdre celui qu'elle aimait.

C'était de l'amitié, disait-on. Mais tout le monde savait sans l'accepter qu'entre eux, c'était comme un sentiment amoureux, en mieux. Il avait suffit d'une fraction de seconde pour que le monde autour de lui s'arrête de tourner, pour que ce qu'elle avait toujours fui, elle se mette à le désirer.

Elle avait toujours froid et lui toujours chaud. La lumière de ses yeux n'avait jamais brillée, alors que celle qui illuminait son regard avait été éteinte. Son coeur pleurait souvent alors que le sien s'était endurci. Il cachait sa tristesse derrière un sourire figé, elle emmurait la sienne derrière un air renfermé.

Dès que son regard avait croisé le sien, il avait su qu'elle était là pour lui. Il avait senti son coeur s'emballer et une chaleur l'envahir quand elle lui avait adressé un sourire timide, qui traduisait sa force et sa fragilité, son incertitude parfois au-dessus de son assurance. Sa souffrance cachée... Il n'avait eu plus qu'une envie: que tout cela s'arrête. Que rien ne puisse plus jamais la blesser.

Elle avait levé les yeux vers lui et les avait baissés aussitôt, intimidée par l'homme qui se tenait devant elle. Dès qu'elle l'avait vu elle avait su qu'il était là pour elle, et une nouvelle peur l'avait envahi. Celle de l'aimer. De l'aimer trop fort et qu'il disparaisse.

Plus ils étaient ensemble et plus ils voulaient le rester. Chaque seconde passée loin de lui déchirait son coeur, l'empêchait d'être heureuse. C'était comme si sa vie tournait autour de lui, comme s'il était son oxygène. Oui, c'était bien ça. Quand il n'était pas près d'elle, elle avait l'impression d'étouffer. Elle était devenu son échapatoire aux souffrances qu'il refusait de laisser entrevoir, elle était sa force, son espoir. Elle lui avait montré que le monde était encore beau, si des gens avaient la même chance qu'eux deux; et qu'il faut toujours y croire.

Il lui avait donné de sa chaleur, elle lui avait rendu l'envie de vivre. Il avait fait briller les milliers d'étoiles de ses yeux, elle avait ravivé la flamme de son regard. Elle avait su percer l'armure qui entourait son coeur d'homme, il avait sèché les larmes du sien. Et maintenant ils souriaient, le plus sincèrement du monde.

Chacun d'eux était conscient que pour lui, l'autre représentait tout. Il avait une façon bien à lui de lui montrer qu'il l'aimait, tout en s'assurant que jamais elle ne le saurait. Parce qu'il avait peur que tout recommence, encore une fois. Et avec elle, il ne le supporterait pas. Elle avait ses manières bien particulières de lui faire goûter sa douceur car elle savait que cela l'appaisait. Mais quand il avait du mal à se contenir, elle se contentait de le laisser faire, n'en demandant pas d'avantage, de peur que ça recommence, encore une fois. Et avec lui, elle ne le supporterait pas.

Pour chacun d'eux, l'idée de perdre la personne à laquelle ils tenaient le plus au monde était inconcevable. Et dans leur cas, c'était tout bonnement improbable.

Ils s'écrivaient à longueur de temps, même pour ne rien dire. Simplement pour s'assurer qu'ils pensaient l'un à l'autre. Il hantait ses nuits et elle ses jours, ils se cherchaient dès qu'une infime distance les séparait.

Quand il avait mal elle le sentait, même si elle était à des kilomètres de lui. Et parfois, sa peine l'envahissait. Elle ne savait plus la retenir alors elle pleurait, laissant échapper un peu de la douleur qui la rongeait. Et comme s'il avait entendu ses sanglots résonner dans sa tête, il lui envoyait un message d'amour et de réconfort, caché derrière des mots d'une extrême simplicité. Et la peine s'en allait. Souvent, il murmurait son nom dans son sommeil, admirait son visage dans ses rêves. Elle était forte et il le savait. Il avait su voir cela en elle et il avait juré de la protèger.

C'était de l'amitié, disait-on. Tout le monde voulait s'en persuader et personne ne savait avec exactitude ce qu'il y avait entre eux. Oui, c'était de l'amitié mais comme en mieux, de l'amour en plus profond. De l'amour comme tout le monde aimerait en trouver. Car si personne ne voulait l'accepter, il s'aimaient plus que tout au monde. Rien ne pourrait changer cela.

Et quelques fois dans la nuit noire, ils regardaient les étoiles, chacun de sa propre fenêtre, et pensaient fort l'un à l'autre. Alors ils sentaient le regard de leur âme soeur posé sur eux et ils souriaient, s'envoyant le plus tendre des baisers.


₪ ₪ ₪ ₪


Mon avis : Ton texte est vraiment Beau. Beau , oui c'est le mot qui convient le mieux et c'est ce mot que m'inspire ton texte. Tu montres bien à quel point , il n'y qu'une infime différence entre l'amour et l'amitié. L'amour véritable que tu évoques, laisse rêveur. Les mots sont bien choisis. Merci beaucoup pour ton texte qui inaugure magnifiquement cette galerie !




# Posté le mardi 15 septembre 2009 12:43

Modifié le mardi 03 novembre 2009 19:07

Ҩ Thème 1, Sujet 3 : Vous êtes un(e) psychopathe ...

Ҩ Thème 1, Sujet 3 : Vous êtes un(e) psychopathe ...
L'auteur : Je m'appelle Ornella, j'ai 15 ans. L'écriture est pour moi une manière d'exister de façon personnelle, profonde et unique. J'écris donc pour vivre, simplement. Le texte que je propose s'appelle "Vengeance", simplement parce qu'il est est un projet que je vais proposer à un concours littéraire basé sur ce thème, et que je ne préfère pas y ajouter d'artifices. Bonne lecture, et merci déjà pour ça. ×


₪ ₪ ₪ ₪

J'ai peur mais je me sens bien. Je tremble par crainte mais je suis sûre. Le vent léger remue les feuilles des arbres. La nature se fait discrète, je l'entends moins. Peut-être est-ce seulement les battements de mon c½ur qui me tabassent les tempes plus frénétiquement. Depuis combien de temps étais-je victime de ma propre décadence ? J'ai attendu si longtemps, moments de questions, de réflexions proscrites que je m'étais depuis si longtemps interdites. J'entends ton râle qui me procure une jouissance étrange. Jouissance extrême. Ton corps crispé par la douleur est étalé là devant moi. Je souris. Je souris parce que je suis soulagée. Tu as les mains liées dans le dos, aujourd'hui tu es ma proie, ma victime. Je m'extasie de tes implorations. Tu as une si belle voix. C'est si bon d'entendre des mots qui sortent de ta bouche, de tes lèvres à la commissure saignante et arrachée. Si bon de t'entendre hurler des mots qui me sont destinés. J'enfonce une fois de plus la lame de mon couteau brillant de ton sang cristallin à l'intérieur de toi, je te pénètre pour en avoir toujours plus. Comme toi tu l'eus déjà fait, sans amour, sans pitié. Tes muscles se détendent quand je rentre dans ta chair et que je tourne un peu la pointe aiguisée. Tu hurles et ça me fait du bien. Le moment est trop beau, je l'ai tant rêvé, éveillée, quand l'insomnie arpentait le couloir de mes nuits dantesques. J'aurais pu vouloir ta mort plus docilement. J'aurais fait comme beaucoup, j'aurais voulu que le volume de mes larmes déjà versées t'écrase. Que la masse de mes sanglots t'explose. J'aurais pu vouloir que ta cruauté te broie les os. Que mon agonie silencieuse intérieure t'étouffe. Que mon mal-être général te compresse comme un étau qui se resserre à l'asphyxie. Mais tout cela ne serait resté que d'un conditionnel hypothétique, parce que les métaphores ne se réalisent jamais Et les choses auraient été trop douces, délicates, médicinales. Je voulais de la douleur, je voulais de la violence. C'est pourquoi j'ai écarté les éventualités telles que le gaz, le poison, ou autres substances. Même si je reconnais que te voir dépérir quotidiennement en glissant quelques gouttes de mort-aux-rats dans une de tes boissons m'aurait particulièrement amusée. Mon projet était bien réfléchis, même si j'ai laissé à mon scénario des espaces d'improvisation. La spontanéité à toujours été une de mes qualités. A bon entendeur, tu ne le sais que trop bien. Tu ne pourras jamais imaginé à quel point j'ai remué d'innombrables éléments dans ma tête, pour trouver la solution qui serait assez forte pour assouvir mes désirs glauques et impérieux.. J'aurais pu vouloir du classique, de l'ancien, une tête décapitée notamment. Mais cela aurait été trop radical. Moi je voulais du rouge vif, je voulais du liquide, je voulais du sang sur la tranche de mon couteau. Je voulais le lécher, le sucer, l'aspirer, l'avaler pour que ta vermine continue de vivre à travers moi. Parce que je t'aimais à la haine. Et que je voulais te voir souffrir. Je voulais être la seule responsable de ta perte, sentir chaque don de douleur, et ne pas envisager d'improviser un système autre que manuel pour t'ôter la vie. Je voulais te voir partir le visage entre mes mains. Je voulais être la seule responsable de ta perte. Je te regarde, ta bouche entre ouverte est remplie d'une vague de sang qui s'écoule par filet près de tes délicates fossettes. Les yeux ouverts, tu inhales la poussière de mes pas. Je vire et j'erre dans cette pièce en bois, ce que les enfants appellent plus couramment une cabane abandonnée. L'odeur de ton corps, futur macchabée, aussi agréable que nauséabonde me donne le tournis. Je suis enivrée. Emportée par la folie dont j'ai toujours fait preuve mais paradoxalement toujours niée. Tes yeux sont maintenant figés vers moi, ils fixent le blanc de mes yeux vides et impassibles. A quoi penses-tu ? Je t'assène de coups de ceinture au visage, je ne vois plus véritablement tes traits. Ne sont distinguables que les marques des dégâts que j'ai pu te causer. A certains endroits c'est ouvert, à d'autres seulement enflé. Mais ta beauté est intouchable, implacable, ne t'inquiète pas, même crevant je te vois toujours aussi beau. Je tourne autour de toi en te marchant dessus, mes talons t'esquintent les côtes et le craquement de celles-ci est en synchronisation avec les battements de mon c½ur. Mon pouls s'accélère, mon échine me dévore. J'accélère, je te brise comme enfant vexé brise son jouet. Tu souffres et je jouis d'une certaine façon. Un plaisir qui se répartie en adrénaline qui sillonne mes veines. Mais tu résistes, je vois encore ton ventre se lever puis retomber au rythme de tes respirations difficiles et saccadées. Tu t'accroches comme les mauvaises herbes qu'on se fatigue à arracher. Ces herbes qui restent, persistent, envers et contre tout, mais qu'on finira toujours par enlever. Pourquoi continues-tu de te battre ? Est-ce donc pour mon malsain et pervers plaisir de te voir gémir et hurler ? Je m'assois maintenant, à califourchon sur ton torse. Je laisse tomber tout mon poids sur tes os fracassés. Je n'ai pas touché à ta langue, je pensais pouvoir t'embrasser encore quelques dernières fois, mais je découvre que de douleur tu te l'es arrachée avec la puissance de ta mâchoire et de tes dents serrées. Je me sens un peu soulagée, tu contribues toi aussi à ta destruction. Je ne suis pas seule dans cette action. Je pose mes mains écorchées de chaque côté de tes joues. Je les presse une dernière fois, je joue avec, je souris. Comme j'ai pu aimer tes joues. A cet instant, tu penses peut-être à un éventuel élan d'amour et de compassion de ma part à ton égard, puisque ton regard change. Mais peut-être n'auras-tu pas le temps de réaliser que tu t'es trompé. Je me retourne, geste mécanique, et attrape la barre de fer à tes pieds, celle avec laquelle je t'ai frappé partout en insistant non sans hasard sur tes parties, celle avec laquelle j'ai écrasé ta fierté anatomique d'homme trop machiste. Et je te regarde une dernière fois, une larme perle sur le coin de mon oeil. J'en reste stupéfaite. "Tu n'as jamais su me faire l'amour Damien. L'amour avec Amour. Alors aujourd'hui je te fais la mort. La mort, la vraie mort. " Et dans un cri que je ne me souviens plus avoir poussé, j'ai levé du plus haut que je le pouvais la barre verticale lourde et rouillée. Au cours de mon élan, des souvenirs m'arrivaient par images volées. J'ai bloqué quelques secondes, les bras en l'air, avant de retrouver toute ma force et ma puissance pour t'achever. La barre s'est écrasée sur ta tête, mon Damien. Ta boite crânienne a explosé. Le fracas de la barre qui est tombée sur le sol a ensuite raisonné en moi des heures durant. Et j'étais là, et je guettais ton corps gisé dans une mare de sang. Et j'étais sûre. Et je souriais. Inévitablement satisfaite de mon acte. Et j'ai repris mon sac à main et je m'en suis allée. Vers le premier poste de police que j'ai trouvé, je me suis dénoncée.

Je m'appelle désarmée. Avec un grand D. Oui appelez-moi Désarmée.
J'aurais aimé avoir un prénom porteur, plus fort que tout. Un prénom unique, qui se remarque. Un prénom dont on se rappelle, dont les voyelles restent un souvenir.
Je suis une acharnée. Acharnée de mots, d'envies, de pleurs, de vie, de haine.
J'aurais pu dire plus couramment que je suis une personne entière, mais le mot ne me paraissait pas assez satanique.
Alors j'ai décidé de m'appeler Désarmée.
Ne trouvez-vous pas le mot plaisant, le son dansant ?
J'ai crié en remuant ce mot au creux de mon c½ur. J'ai pleuré en écoutant ses échos d'échec, dévastateurs.
Ce nom porte le sang des guerres que je n'ai pas su vaincre, il porte le nom de la force que j'ai acquiers en les perdant.

Je suis cette petite personne qui se confond sans mal dans la foule, qui intègre les fluxs sans aucun problème.
Le genre de personne qui sait disparaître quand il le faut, ou se mettre en exsergue aux moments choisis.
Je suis un caméléon, le caméléon de ma propre vie.
Mon meilleur ami jusqu'à hier était l'Amour.

Vague Amour. Vague à l'âme.
L'Amour est romanesque, charnel, charmant, idyllique, fou, vrai, faux.
Bien sûr cette liste n'est pas exhaustive.
Elle n'a de suite que d'autres adjectifs aussi pittoresques que ridicules.
Nous avons parcouru des kilomètres ensemble, partagé du temps arraché aux longues routes de la vie.
Souvenirs d'antan, c'était une autre époque. Celle ou je ne m'appelais pas Désarmée.
Je n'avais pas ce nom si original et unique, je m'appelais plus communément l'Amoureuse.

Ce nom m'apportait une certaine bonhomie que je n'ai plus désormais, une certaine empathie que j'ai oublié à tout jamais.

Comment vas-tu l'Amoureuse ? Que fais-tu demain ? Le vois-tu ?

Le, celui pour lequel je portais si ridiculement le nom d'Amoureuse. Mon lui à moi. Mon Damien.
Oui je le verrais demain soir. Nous passerons la nuit ensemble.
Nos souffles se mélangeront au dessus d'un lit, la chaleur de nos corps provoquera une réaction chimique dans l'air. Pour moi ce sera la molécule de l'Amour, pour lui seulement celle du Sexe.
Moins complexe, il n'y aura point de réaction chimique à équilibrer. Tout sera plus léger pour lui.

Je n'ai jamais voulu être l'Amoureuse, le personnage dont je parlerais un jour, je n'ai jamais voulu être l'Amoureuse, le personnage que j'écrirais un jour.
Mais je l'étais devenue. Prise pour cible.
J'étais celle qui ne vivait plus pour elle mais pour son Le, son Lui. Son D.
Il était plus que quelqu'un, plus qu'un prénom, plus qu'une personne.
J'ai toujours aimé la littérature et particulièrement l'écriture française, et jouer avec les mots a toujours été une de mes priorités.
Mais il était bien plus que tout ça.
Il était mon dominant. Mon indispensable. Comme une clé de sol au début d'une portée. Il incarnait mon solfège oublié, mes notes de musiques égarées.

Ses yeux, sa bouche, ses lèvres et leur commissure, ses joues, l'épaisseur de ses cheveux, leur couleur indescriptiblement étincelante, ses sourcils fins et déterminés, son allure élancée, son jean troué qui donnait à son fessier un mirage que je fantasmais toujours de palper. Je le connaissais par c½ur. Et j'aimais par dessus tout son accent étranger. Ses mots sentaient l'huile d'olive, la tomate et le basilic.
Ma gourmandise avait perdu de sa réalité, je ne mangeais plus. Il était devenu ma version métaphorique de la nourriture indispensable à la vie. Les kilos sont tombés au fil des jours, tout comme mon sourire.

Sa langue qui roulait la dix-septième lettre de l'alphabet traînait des sonorités chaudes de son pays, ô son pays. L'Italie.
J'avais chaud quand le monde avait froid, je veillais quand le monde dormait.
Je riais quand j'étais triste, j'espérais quand il n'y avait plus d'espoir.
J'aimais quand bien même les gens n'y croyaient pas.

Et cette romance a cessé de valser après quelques mois. Quand il m'a gerbée à la figure que je n'étais qu'une histoire de frivolité nocturne. Qu'il m'aimait autant que la catin est catholique. Qu'il n'était pas attaché à moi mais à mes formes, à mon corps et ce qu'il lui procurait.
Il m'a dégueulé ces mots comme j'ai éjecté ma douleur. Le saignant, le tuant, me vengeant.

Damien, mon Damien.
Tu as depuis ce jour emprisonné mes rêves pour en faire des cauchemars.
Désarmée, je m'appelle Désarmée.
Après quelques mois de prison j'ai été placée dans un centre où du personnel en blanc s'occupe de moi. Je sens parfois quelques réticences dans leurs pas, leurs mots, leurs gestes.
Je ne suis pas folle. Ils ne doivent pas avoir peur.
L'amour à la folie. A la passion meurtrière.
Je porte encore dans mon sang un peu du tien.
Et dans mon prénom un peu de ta vie.
Je m'appelle Désarmée, tu t'appelais Damien.
D comme Danger, D comme destin.

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Mon avis : SPLENDIIIDE ( prononcé comme dans le film The Mask ). C'est ... Whaouuuu ! Ce qui frappe, c'est tout d'abord le style très maîtrisé et mature, la précision du vocabulaire et de la correction de la langue : ce  sont des " détails techniques " mais qui ont leur importance, car ils signalent quelqu'un qui fait attention à la langue, ce qui veut dire, quelqu'un qui veut être compris, avant tout, et qui prend soin de rendre sa prose attirante, claire, plaisante. Mais je suis d'avantage scotchée par le propos même de ton texte. Un crime passionnel. Tu nous plonges droit dans l'intime, dans les sentiments ... N'est-ce pas cela être écrivain ? Bien que long, je me suis tout de suite accrochée à tes mots, espérant que cela ne s'arrête pas. Encore une fois, splendiiiiiiide !

# Posté le mardi 29 septembre 2009 12:44

Modifié le mardi 03 novembre 2009 19:09